ECU Bosch MG1 et MD1 : Mystères, mythes et légendes
Bosch MG1 & MD1 : Mystères, Mythes et Légendes
I. Histoire ou mythe : quelles différences entre les deux générations ?
- Le monde était alors plus simple : aucune crise sanitaire mondiale, aucune crise économique imminente, et nous ne retenions certainement pas notre souffle chaque jour en raison des conflits internationaux. C’est durant cette période relativement paisible que les diagnosticiens et préparateurs automobiles du monde entier ont commencé à découvrir la nouvelle génération de calculateurs moteur Bosch.
Nous étions tous impressionnés par leurs nouvelles fonctionnalités et par l’évolution considérable qu’ils représentaient par rapport aux calculateurs MED17 et EDC17 qu’ils remplaçaient.
Pour bien comprendre les calculateurs MD et MG, il faut d’abord comprendre pourquoi ce changement était nécessaire. Les MD/MG sont les descendants directs de la famille MED/EDC17. Commençons par définir précisément ce qu’ils sont.
Le prédécesseur : MED17 / EDC17
Introduite vers 2006 pour remplacer les unités ME9 et EDC16, cette génération a posé les bases de la gestion moderne de l’injection directe essence et diesel.
Dénomination :
- MED (Motronic Einspritzung Direkt – Injection directe essence)
- EDC (Electronic Diesel Control)
Puissance de calcul :
- Basée sur la famille de microcontrôleurs Infineon TriCore TC17xx (TC1766, TC1793, TC1797, etc.).
- Il s’agit généralement de processeurs monocœur de génération plus ancienne.
Mémoire :
- Taille de mémoire Flash relativement limitée, généralement comprise entre 2 Mo et 4 Mo.
- L’EEPROM interne est utilisée pour les données d’antidémarrage, le codage et les adaptations.
Communication réseau :
- Utilisation principalement des protocoles CAN-BUS standards (généralement 500 kb/s).
- Premières intégrations du réseau FlexRay.
Le successeur : MG1 / MD1
Introduits autour de 2015-2016 afin de répondre aux normes antipollution Euro 6d plus strictes, de prendre en charge les systèmes ADAS avancés et de gérer des groupes motopropulseurs hybrides complexes.
Convention de nommage :
- MG (Motor Gasoline)
- MD (Motor Diesel)
Puissance de calcul :
- Ils représentent un bond technologique majeur en matière de puissance de calcul grâce à leur architecture multicœur.
- Ils reposent principalement sur les processeurs multicœurs Infineon AURIX TC2xx et TC3xx, bien que certains constructeurs utilisent également des microcontrôleurs NXP ou SPC (STMicroelectronics).
- Cette architecture permet d’effectuer beaucoup plus rapidement les calculs complexes liés aux cartographies moteur et à la coordination des systèmes hybrides.
Mémoire :
- En raison de la complexité croissante des logiciels embarqués, la capacité mémoire Flash a été considérablement augmentée, allant généralement de 4 Mo à 8 Mo.
Communication réseau :
- Conçus pour agir comme de véritables « supercalculateurs » au sein des architectures centralisées modernes (comme le BDC/Heart of Joy chez BMW ou les dernières plateformes FBS4 de Mercedes-Benz).
- Ils prennent en charge le CAN FD (Flexible Data-rate), le FlexRay avancé ainsi que l’Ethernet automobile Gigabit.
- Cela leur permet de transmettre et de recevoir des données de diagnostic, des demandes de couple moteur et des informations issues des capteurs en quelques millisecondes seulement, réduisant considérablement la latence par rapport aux anciens réseaux CAN.
II. Sécurité, reprogrammation et accès au diagnostic
C’est dans ce domaine que les différences sont les plus marquées pour les techniciens, préparateurs et diagnosticiens souhaitant effectuer des remplacements de calculateurs.
L’approche MED17 / EDC17
Ces calculateurs disposent de la protection TPROT (Tuning Protection).
À l’origine, ils pouvaient être programmés via la prise OBD. Lorsque les constructeurs ont verrouillé cet accès, les préparateurs ont dû ouvrir physiquement les calculateurs afin d’accéder à la carte électronique et utiliser le « Boot Mode » pour les lire.
Par la suite, les fabricants d’outils ont développé le « Bench Mode », permettant aux techniciens de récupérer le mot de passe interne et de cloner ou programmer directement le calculateur via les broches du connecteur externe, sans avoir à ouvrir le boîtier.
L’approche MG1 / MD1
Ces calculateurs de nouvelle génération utilisent un CSM (Cyber Security Module) avancé ainsi qu’une architecture Secure Boot.
Contrairement aux EDC17, ils ne disposent pas d’un mode Boot accessible directement sur la carte électronique. Ils sont conçus pour être lus exclusivement via le « Bench Mode » (mode service usine) ou grâce à des protocoles OBD spécialisés.
Deux générations sous une même appellation
Une distinction essentielle concernant les calculateurs MD1/MG1 réside dans leur date de fabrication.
Les unités produites avant 2020 peuvent généralement être lues et programmées sur banc, voire directement via OBD.
Cependant, à partir de la mi-2020, Bosch a introduit une importante mise à jour de sécurité.
Les calculateurs MD1/MG1 produits après 2020 disposent d’un bootloader fortement sécurisé qui bloque l’exploitation traditionnelle du Bench Mode.
Travailler sur ces unités nécessite souvent des procédures de déverrouillage spécifiques, des solutions propres à chaque constructeur ou, dans certains cas, limite totalement les interventions aux plateformes de diagnostic officielles en ligne.
À ce jour, chez Abrites, nous prenons entièrement en charge les versions déverrouillées et pouvons remplacer ces calculateurs.
Même lorsqu’un véhicule est équipé d’une version verrouillée de MD1/MG1, nous pouvons utiliser un calculateur d’occasion fabriqué avant 2020 et l’adapter au véhicule.
Cette méthode est particulièrement efficace lorsqu’il s’agit de véhicules Mercedes-Benz.
III. Le déverrouillage mythique
Des entreprises telles que FEMTO et Autotuner, que nous respectons profondément, proposent leurs propres solutions pour déverrouiller les calculateurs MD1/MG1 verrouillés.
Leurs approches diffèrent : vous pouvez leur envoyer le calculateur pour qu’il soit déverrouillé, ou recevoir un fichier de déverrouillage à programmer vous-même.
Il s’agit incontestablement d’une avancée dans la bonne direction.
Il convient toutefois de préciser que ces solutions sont principalement destinées à la reprogrammation moteur (tuning) et non à l’adaptation des calculateurs.
Lorsqu’il s’agit d’adapter ces calculateurs, nous avons besoin d’une solution permanente, et je suis convaincu que nous en disposerons en 2026.
Cette avancée devrait nous permettre de réaliser l’adaptation complète des calculateurs et de continuer à repousser les limites, non seulement dans le domaine du tuning, mais également dans celui du remplacement intégral des modules, comme cela a toujours été notre objectif.
Il me semblait important d’aborder la situation actuelle concernant les MD1/MG1, car de nombreuses idées reçues circulent encore à leur sujet.
Nous devons comprendre précisément les défis auxquels nous sommes confrontés afin que toutes les entreprises dédiées aux professionnels de l’automobile puissent travailler ensemble pour résoudre les problématiques imposées par les constructeurs.
À la semaine prochaine !
Essayez de prendre du plaisir dans votre travail.
Alek